Jeune couple de francais raliant Queenstown en Nouvelle Zelande a Saint Petersbourg en Russie uniquement par voie terrestre.
Samedi 27 novembre, J 67, 16 863 kms, Tuk-Tuk, Indonesie
Et oui, etre voyageur, ce n'est pas tous les jours les vacances! Surtout dans certains pays. On commence a regretter le Timor... C'est pour vous dire!
L'Indonesie, des que l'on sort de Bali et de Lombok, il faut drolement s'accrocher pour aller la ou l'on souhaite. Les quelques lignes qui suivent vous montrent a quel point nous avons trime depuis notre depart de Kuta. Bonne lecture, et profitez bien de votre fauteuil, de votre verre de rouge, de votre connexion internet, et sans aller aussi loin: de votre eau courante et de votre electricite.
Mardi 23 novembre, nous arrivons a 18h30 a l'un des terminaux de bus de Denpasar, comme nous l'avait demande la fillette a qui nous avions achete les billets cinq jours auparavant. Le bus ne partira qu'a 23h30. Pourquoi? Quelle question futile! Car le chauffeur dormait voyons! Ici personne ne s'inquiete, tout le monde subit. Mettons nous alors a la mode indonesienne et attendons patiemment dans note bus. La nuit se passe au rythme des coups de klaxon, des virages, et des jambes repliees sur le siege devant nous. Arrivee a 7h00 du matin le lendemain au terminal de Probollingo, sur Est-Java. Nous parvenons a comprendre que pour monter au Bromo, il faut prende un mini-bus, qui part... quand il est pein. Attendons donc, on n'est pas presse. Apres une heure a poireauter dans cette ville, nous decidons de faire baisser les encheres pour prendre une mobilette avec chauffeur qui nous conduidra a Cemero Lawang, ville au pied du Bromo. Dix minutes de tergiversation, nous fixons un prix avec nos pilotes. La route est magnifiques. En une heure nous passons du niveau de la mer a 2500 metres.
Les plantations ici sont excessivmeent escarpees, les travailleurs sont a genoux par terre, voir meme allonges a plat ventre sur la montagne tant l'inclinaison est elevee. Nous parvenons enfin a Cemero Lawang, ou nous prenons la chambre la moins chere que nous trouvons, qui restera tout de meme la plus chere payee depuis notre arrivee en Indonesie. En guise de Home-Stay, c'est un placard de six metres carres, une douche froide, des chiottes a la turc. Le pourcentage d'humidite est enorme, toutes nos affaires sont trempees, et il caille! Heureusement pour nous, nous partageons cet enfer avec cinq autre francais rencontres par hasard dans le meme logement.
Le clou du periple ici etait de monter en haut du cratere du Bromo, volcan actif crachant constamant une epaisse fumee blanche. Malheureusement pour nous, il est interdit de l'approcher a moins de trois kilometres, ce dernier ayant decide de se reveiller la veille. Des cordons de securite partout, des militaires et des chaines de television a tous les coins de (la) rue. Nous mangeons notre premiere repas depuis vingt-quatre heures, qui se compose... d'une assiettede riz et d'un peu d'eau. Miammmmm! Il parait qu'il y a une belle marche de sept heures afaire plus en altitude, tres belle le matin, avant le leve du soleil. Nous mettons notre reveil a 2h00. A l'heure prevu, c'est pire qu'un brouillard qui nous entoure, c'est un mur blanc. Nous reportons le reveil a 6h00 mais ce sera toujours la meme decourverte en ouvrant les rideaux. Tant pis, on prendra le bus de 9h30 (ou quand il est plein) avec les autres. Nous pourrons juste admirer le Bromo de loin, surplombant sa mer de sable noire et un grand temple hindoux dans la valle. C'est vrai que ca aurait ete vraiment splendide d'y grimper.
Deux heures plus tard, cinquante kilometres et une piece changee dans le moteur, nous debarquons a Probollingo. Nous negocions severe pour obtenir des billets a prix raisonnables pour Surabaya. Car ici tout se negocie! Les souvenir ok (meme si les prix annonces sont dix fois plus chers que ce que nous envisageons et obtenons a chaque fois), mais la nourriture, l'hebergement, les transports, l'essence... C"est usant et frustrant a la longue d'avoir l'impression de n'avoir aucun autre interet que l'argent que lon peut depenser.
Nous voila donc a bord d'un bus 55 places (pour cinq heures de calvaire), reconvertit a la mode indonesienne. Cela donne 65 places assises et 30 personnes debout, auquelles viennent s'ajouter un chauffeur amoureux de son klaxon, des musisiens qui montent jouer trois accords et glaner quelques sous et des marchands ambulant vendant de tout et surtout de rien: bouteille d'eau, chips, biscuits, noodles, riz dans une feuille de palmier, crayons de couleurs...
Surabaya est la deuxieme ville de l'ile de Java apres Jakarta et ca fait vraiment peur a voir. C'est pire que le tiers-monde. La ville est sincerement degueuelasse, surpeuplee, et surpolluee.
Le lendemain matin, nous nous reveillons a 5h30, prenons un taxi et foncons vers l'aeroport pour fuir cette noirceur. Nous arrivons a attraper les deux dernieres places dans un vol de Lion Air (le Ryanair local) pour Medan, ville au nord de Sumatra. L'enregistrement est encore quelques chose de folklorique. Il faut se battre pour rester dans la file d'attente et ne pas se faire ensevelir par la moyenne de 125 kilos reels de bagage par passager. Ici les valises se font rares. Les bagages enregistres se composent plutot de sacs plastiques, de cartons et de bidons. Le vol sera a l'image des bus. J'ai les genoux qui entrent en fusion avec le siege devant moi, et mes epaules depasent des deux cotes du siege.
Arrives a Medan, nous recuperons nos bagages, negocions pour un taxi et montons a bord du dernier bus pour Parapat. Re-5 heures d'enfer! Cependant quelques personnes a bord parlent anglais et nous questionnent sans interruption Line et moi sur nos motivations et nos impressions du pays. Les reponses sont diplomatiquement correctes...C'est sous un deluge que nous arrivons dans cette ville et de nuit. Situee a 900 metres, elle subit de plein fouet la mousson en fin de journee. Il est 20h00 et nous comptions prendre d'ici un ferry pour Tuk-Tuk, petite ville sur Samosir Island, ile sur le lac Toba. Malheureusement nous arrivons trop tard et etant donne que nous ne voulons surtout pas rester ici et reprendre la route le lendemain, nous prenons un boat pour Tomok, puis une mob-taxi jusqu'a Tuk-Tuk. Il est 21h30, nous sommes a bout de force, de fatigue et de faim. A bout tout cour quoi! Nous n'avons mange qu'un paquet de gateaux a deux depuis les trois frites du diner de la veille.
Pour ceux qui aiment les chiffres, voici un bilan des trois derniers jours de voyage:
74 heures de voyages entre Denpasar et Tuk-Tuk dont 34 heures de transport repartis en 22 heures de bus, 2 heures de mob, 1 heure de bateau, 2 heures de taxi et 5 heures d'avion. 3 repas chacun et quelques gateaux, 14 heures de sommeil.
Aujourd'hui, reveil tranquille et au programme: manger et dormir. Ici semble s'arreter notre cauchemar. Le village est adorable, quelques echopes a souvenir, trois restaurants et autant d'hotels. La vie n'est pas chere et nous sommes quasiement les seuls touristes en cette periode de l'annee. Enfin, la temperature est fraiche pour le pays, supportable pour nous francais! Nous ne savons pas combien de temps nous allons passer ici, mais ne serions pas etonnes d'y etre encore le 16 decembre au matin, jour d'expiration du visa.
Pour les amoureux des chiffres bis, un autre bilan de notre journee sur Tuk-Tuk:
3 beaux et bons repas chacun et 12 heures de sommeil. N'est-ce pas etonnant comment les chiffres des deux bilans se ressemblent?